Saint Marc

C’est non seulement le principal monument religieux de la ville mais encore’ une des merveilles du monde. C’est un chef-d’œuvre de l’architecture-byzantine-romane célèbre par son incroyable richesse et par les souvenirs historiques qu’elle évoque. D’après la légende, en 828 deux marchands vénitiens auraient rapporté à Venise le corps de St Marc après ravoir enlevé à Alexandrie; la même année, le doge Giustiniano Partecipazio fit commencer l’église comme chapelle palatine du doge; trois ans plus tard elle fut consacrée sous le doge Giovanni, son frère. En 976 elle fut détruite par un incendie causé par une émeute populaire contre le doge Pietro Candiano IV et fut donc reconstruite par le doge San Pietro Orseolo et consacrée en 978. Plus tard, lorsque Venise eut accru sa richesse maritime et commerciale, on désira une église digne de la ville par sa grandeur et sa richesse. Le doge Domenico Contarini (1403-71) fut l’initiateur de l’église actuelle. La basilique a un périmètre extérieur de 330 mètres et se développe plus horizontalement que verticalement; elle est surmontée de cinq coupoles qui lui donnent un aspect oriental.

La façade est divisée en deux parties: la partie inférieure comprend cinq arcades en plein cintre et autant de portails: la partie supérieure comprend cinq compartiments en arcades dont celle du centre est percée par une grande fenêtre et les autres sont aveugles. Dans la partie inférieure, entre les arcades et sur les portails il y a de belles décorations de sculpture et des bas-reliefs; remarquons particulièrement, dans le tympan du portail central, • le rêve de St Marc», sculpture du XIIlème.s. Dans les calottes et dans les tympans des portails, des mosaïques ‘du XVIIème et XIXème.s. excepté celle du premier à gauche (le transport du corps de St Marc) qui est la seule du XlIIème.s.

Le plan supérieur est parcouru par une terrasse à balustrade et au centre se trouvent les quatre chevaux de cuivre doré (grecs, du IVème-IIème.s.) envoyés de Constantinople par Enrico Dandolo en 1204. Sur les façades latérales, les mêmes motifs architecturaux et décoratifs. Du côté nord s’ouvre la porte des Fleurs (lui est décorée d’un cycle de sculptures romaines. Le coté nord côtoie la petite place des Lions appelée ainsi à cause de ses deux lions en marbre rouge; sur cette place s’élève le Palais Patriarcal à l’intérieur duquel se trouve la splendide Salle des Banquets (1620) qui appartenu, autrefois au palais ducal.

On entre maintenant dans le narthex qui faisait autrefois le tour de l’église mais qui fut, muré du côté droit pour y construire la chapelle Zen et le Baptistère. Les murs sont revêtus de lambris de marbre et le pavement est en mosaïque. Les six voûtes et les petites coupoles resplendissent de mosaïques exécutées par des artistes vénéto¬byzantins au XlIIème.s. Elles illustrent l’Ancien Testament. Les trois portails de l’église ont des battants en bronze marqueté, avec des statuettes en argent. Aux côtés du portail central, les tombeaux de la dogaresse Félicita Michiel (m. 1101) et du doge Vitale Michiel (m. 1095); au-dessus du portail, la splendide mosaïque des frères Zuc ca ta représentant St. Marc en extase (1545).

L’intérieur est hautement suggestif par la lumière mystique, ‘dorée et resplendissante des mosaïques. Il est typiquement byzantin, en croix ‘grecque? ,à trois .nefs dans chaque bras, nefs qui sont séparées par de splendides colonnes en marbre précieux soutenant des galeries en forme de triforiums et surmontées par cinq coupelles: la plus haute-au centre et les autres, chacune au bout d’un des bras de la croix, toutes soutenues par de’ puissantes arcades. Le pavement n’est pas plan à cause des tassements continuels du terrain et il est revêtu de mosaïques représentant des animaux et des dessins géométriques (XIIème.s.).

La partie supérieure des murs est revêtue de célèbres fresques qui s’étendent (environ 4.000 m/2) dans tous les bras de l’église; ce sont des œuvres d’¬artistes vénéto-byzantins du XIIème-XIIIème.s., en partie refaites au XVlème »XVIIème.s. Nous en commencerons le tour par la nef de droite: par une porte en bonze on accède au Baptistère qui comprend trois salles; les fonts baptismaux sont de Sansovino (1545); les mosaïques de la voûte illustrent la vie de St Jean-Baptiste et celle de Jésus; en face de l’entrée, monument gothique du doge Andrea Dandolo. Du Baptistère on passe à la chapelle Zen, contenant le somptueux tombeau du cardinal Zenj, sur l’autel, la Vierge du soulier, sculpture d’Antonio Lombardo; les mosaïques byzantines .illustrent.

La vie de St Marc. Bras droit du transept: sous l’arcade en marbre, l’entrée du TRÉSOR qui recèle les plus importantes collections d’orfèvrerie et d’objets précieux byzantins; sa création remonte à 1204, le premier groupe étant le butin rapporté de Constantinople par les Vénitiens: des coupes, des pierres précieuses, des émaux, l’intéressante chaire de St Marc en marbre et l’ampoule sarrasine à caractères arabes; Au bout du transept, belle rosace gothique et, au-dessous,’ la porte de communication avec le Palais Ducal. Dans la nef gauche, l’autel du St Sacrement. Bras du fond: à droite, la chapelle absidale de St Clément; on monte par un escalier orné d’iconostases avec les statues de la Vierge et des Saints (par les frères Dalle Masegne – 1397); l’autel est ornée de bas-reliefs Renaissance; sur le pilier gauche, tabernacle gothique. Le Sanctuaire: il est surélevé et séparé de l’église par une clôture en marbre, à huit colonnes, soutenant une iconostase contenant les statues de Marie, de St Marc et des 12 Apôtres, œuvre gothique des Dalle Masegne (1394). Sur les côtés, deux tribunes des chantres aux parapets ornés de bas-reliefs (la vie de St Marc), par Iacopo Sansovino. Sur le maitre-autel, recouvert d’un ciboire soutenu par quatre colonnes en marbre précieux et revêtues des bas-reliefs figurant des scènes de l’Evangile, d’une rare beauté (VIème.s.), le célèbre RÉTABLE D’ORO travail d’orfèvrerie gothique enrichi de 80 émaux byzantins montés sur or avec des pierres précieuses; il fut exécuté en 110.5 pour le doge Falier, remanié en 1209 et enfin en 134.5 le doge Dandolo lui fit donner son aspect actuel. Dans l’abside et dans la niche de gauche, deux bas-reliefs représentant «la Résurrection et le Christ dans son sépulcre », par Sansovino (1556).
Côtés du sanctuaire, deux ambons: celui de droite était réservé à la présentation au peuple du nouveau doge. A gauche, chapelle absidale de .St Pierre avec une iconostase contenant des statues des Dalle Masegne, au pilier droit, tabernacle gothique. De là on passe à la sacristie (XVème.s., renaissance) contenant des mosaïques et des objets précieux. Bras gauche du transept: dans la nef droite, autel de la Vierge de la Victoire (Nicopeia) sur lequel on conserve un précieux tableau byzantin.

Au fond, la chapelle St Isidore (XIVème.s.) dont les mosaïques illustrent la vie du saint: sur l’autel, sarcophages contenant ses cendres. Plus loin, la chapelle des Mascoli (mâles) appelée ainsi ‘parce qu’elle appartient à une confrérie de seuls hommes fondée en 1430.

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